Lorsqu’on parle des Aras, on désigne une vingtaine d’espèces de perroquets regroupés dans plusieurs genres. C’est dans ce groupe que l’on retrouve les plus grands perroquets de la planète. Ce sont des oiseaux au corps élancé et à la queue longue. Ils ont une tête large avec un bec crochu puissant. Leur figure, c’est-à-dire la peau de chaque côté de leur bec, est blanche et presque nue et elle rougit lorsqu’il est stressé ou excité. Le plumage est très coloré chez le mâle comme chez la femelle, souvent rouge avec du vert, mais également bleu et jaune. La plupart sont de grande taille. Le plus grand d’entre eux est l’Ara Hyacinthe, qui peut mesurer un mètre du bec à la queue et peser 1,8 kilo! Il y a des espèces moins grandes, dont la plus petite; l’Ara noble, ou Ara de Hahn, qui ne mesure que 30 centimètres. Le mâle et la femelle ont une apparence similaire et sont difficiles à différencier. Dans la nature, les Aras peuvent vivre jusqu’à 50 ans, tandis qu’en captivité, ils peuvent atteindre 80 ans.

Leur milieu naturel est la forêt tropicale d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. Puisqu’ils sont très grands et très colorés, ils ne peuvent compter sur le camouflage pour échapper aux prédateurs. Ils nichent donc dans les hauteurs d’immenses arbres où ils trouvent une cavité déjà existante pour y pondre. Ils pondent en moyenne deux œufs, mais la plupart du temps, un seul oisillon survit jusqu’à la maturité. Celui-ci reste au nid jusqu’à ce qu’il vole; il est alors âgé de 3 ou 4 mois. Les jeunes vont rester encore quelques semaines avec leurs parents, le temps d’apprendre où trouver la nourriture et de devenir autonomes, et les quitteront pour trouver un partenaire. Quand un couple d’Aras se forme, les partenaires sont très fidèles et restent ensemble pour la vie.

Les Aras sont grégaires et il est rare d’en rencontrer un seul. Ils vivent en bandes très nombreuses, pouvant aller jusqu’à 100 individus. Se déplaçant ensemble pour aller se nourrir, ils dorment à proximité les uns des autres. Ils ne défendent pas leur territoire puisque les ressources sont abondantes et l’on peut même voir des espèces différentes sur un même territoire. Par contre, ils restent avec leur groupe et ne se mélangent pas. Leur alimentation est principalement constituée de noix, qu’ils peuvent facilement ouvrir à l’aide de leur bec très puissant. Ils aiment également les fruits, surtout ceux des palmiers. Un fait particulier : on peut observer des bandes d’Aras se poser sur des falaises argileuses afin de gruger la terre. Les scientifiques ne sont pas encore certains de ce que signifie ce comportement, mais l’on pense que l’argile pourrait aider à neutraliser des substances toxiques ingérées dans les fruits.

Quoiqu’un peu intimidant avec leur taille et celle de leur bec, ce sont des perroquets magnifiques et l’homme en est fasciné depuis longtemps. Malheureusement, la plupart des espèces d’Aras sont en danger dans la nature. Comme les couples ont généralement 1 oisillon par année, la reproduction est lente et les populations sont en déclin. Avec la destruction de leur habitat, les arbres de bonnes tailles et les cavités adéquates pour faire un nid sont de plus en plus rares. Lors de la reproduction, la compétition est féroce pour pouvoir occuper les meilleurs sites de nidification. Cela oblige les perdants à installer leur nid dans des arbres moins hauts, et ainsi, ils deviennent plus vulnérables aux prédateurs. De plus, malgré l’effort de plusieurs pays pour mettre sur pied des programmes de conservation et de protection des Aras, ils sont encore victimes du trafic.

Un Ara peut être un compagnon épanoui en captivité, mais ce n’est pas un oiseau pour les débutants. Premièrement, il a besoin de beaucoup d’espace, alors en appartement, il se peut que ce soit difficile à loger. Ensuite, puisqu’il est vraiment sociable, il a besoin de son groupe et supporte mal la solitude. Il est bien d’en garder plus d’un ou d’avoir beaucoup de temps à lui accorder. Autre petite difficulté; il aime communiquer et il a une voix très puissante. C’est possible que les voisins soient surpris par les décibels lorsqu’il voudra communiquer. Malheureusement, tout est un jouet pour lui et l’on ne peut le laisser libre sans surveillance dans la maison. Son bec, plus efficace qu’une tronçonneuse, risque de faire des dégâts en peu de temps. Sinon, c’est un compagnon fidèle qui a un cœur immense. Il aime jouer et faire rire, car il ne veut que plaire. C’est un assez bon parleur et il imite avec talent les mimiques des humains qui le côtoient.

 

L’ Ara bleu et jaune

Aussi nommé l’Ara bleu, il est habituellement moins vert que celui sur cette photo. Avec sa facilité à se reproduire en captivité, il est un des plus rencontrés. On dit que c’est un oiseau familial; même s’il développe une relation profonde avec un seul humain, il accepte aisément les autres membres de la famille. Il est très sociable et s’adapte plutôt bien aux changements. C’est un bon parleur.

 

 

 L’Ara chloroptère

C’est un des plus gros aras avec le Hyacinthe. L’Ara macao lui ressemble, mais il a du jaune sur les ailes plutôt que du vert. Le nom «Chloroptère» vient de chloro qui veut dire «vert» et de -ptère qui désigne les ailes. Très intelligent et docile, il est également un oiseau familial vu sa tolérance aux enfants et aux animaux de compagnie. Moyennement bon parleur, il est par contre très interactif.

 

Dominique Dubreuil

Administratrice et chargée de projet

Perroquetsecours 2018