La majorité des propriétaires de perroquets s’entendront pour dire que le lien qui les unit à leurs oiseaux est indéniable. Nul ne peut s’imaginer un jour revenir à la maison pour trouver une cage déserte. Perdre un oiseau, c’est la hantise de tout propriétaire de perroquet, qu’il s’agisse d’un oiseau envolé ou volé.

Dans la nuit du 13 novembre 2011 à Saint-Placide (QC), ce cauchemar est devenu réalité pour Robert Papineau et Linda Hervieux, les propriétaires du zoo Perroquets en folie. Alors que tout le monde dormait à poings fermés, des malfaiteurs sont entrés par effraction dans la pièce adjacente à la maison, où se trouvent la majorité des oiseaux appartenant au couple, et ont dérobé trois perroquets d’une valeur inestimable aux yeux de leurs propriétaires.

Chez Perroquetsecours, nous savons d’ores et déjà que retrouver un perroquet perdu ou volé n’est pas chose facile : autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Sans une aide extérieure, retrouver un oiseau relève du miracle et la seule façon d’obtenir cette aide consiste à publier un appel à tous, ce que nous avons fait après avoir été avisé du vol par un de nos partenaires. Hormis publier des avis sur le web, il importe d’apposer des affiches de l’oiseau recherché et d’effectuer des recherches sur le terrain s’il s’agit d’un oiseau perdu.

 

Quelques jours plus tard, le 29 novembre 2011, deux individus cagoulés tentaient à nouveau de s’introduire dans la pièce logeant la majorité des perroquets. Cette fois, des détecteurs de mouvement ont averti les propriétaires de la présence des intrus. La Sûreté du Québec a été alertée et est arrivée sur les lieux en l’espace de cinq minutes, à temps pour épingler un homme et une femme dans la mi-vingtaine.

Après que ce vol ait été largement publicisé, un dénonciateur (X) a contacté Perroquetsecours en décembre dernier pour fournir des renseignements qui ont aussitôt été relayés à Perroquets en folie ayant de leur côté reçu des renseignements d’un dénonciateur (Y). L’information s’est révélée cruciale, puisqu’elle a permis de retrouver deux des trois oiseaux, des gris d’Afrique, dont un à Lachute et l’autre à Brownsburg-Chatham.

C’est avec une joie sans mesure que les propriétaires de Perroquets en folie ont retrouvé ces oiseaux, malgré l’état pitoyable de l’un d’entre eux. En effet, Kiwi, âgé de 26 ans, a dû être hospitalisé dès son retour.

Soucieux de battre le fer pendant qu’il était chaud, Perroquets en folie et Perroquetsecours ont accordé une entrevue à l’émission de Denis Lévesque le 19 janvier dernier, pour médiatiser l’histoire et tenter de retrouver le troisième oiseau manquant, une perruche alexandrine nommée Paco.

Cette entrevue a porté fruit puisqu’un autre informateur (Z) a contacté les propriétaires de Perroquets en folie environ deux semaines plus tard, pour les aviser que Paco avait été vendu à une dame de Grenville. Ne pouvant attendre l’intervention des policiers et craignant que Paco disparaisse de nouveau, M. Papineau s’est rendu chez l’acheteuse dès le 11 février, muni de preuves qu’il s’agissait bien de son oiseau. La dame a dit ignorer que l’oiseau avait été volé. Elle s’était procuré l’oiseau pour la somme de 1000 dollars; l’échange avait eu lieu dans un stationnement et l’oiseau, remis dans une taie d’oreiller.

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Photo source: L’Écho de Saint-Eustache

Malgré une séparation de presque trois mois, Paco a tout de suite reconnu M. Papineau. Paco est la preuve vivante de l’intelligence et de l’attachement des oiseaux à leur propriétaire. Kiwi prouve quant à lui qu’un oiseau arraché à son milieu peut être très affecté et subir un stress post-traumatique après un tel événement ou tout grand changement. Les oiseaux n’oublient pas les gens qu’ils ont aimés, peu importe le temps écoulé.

Il est maintenant établi que les réseaux sociaux, les médias, les gens de bonne foi, les bénévoles et les partenaires jouent un rôle très important dans une cause comme la nôtre. Grâce à cette participation, plus de 26 % des oiseaux perdus, trouvés ou volés, répertoriés sur le site de Perroquetsecours au Québec sont rentrés au bercail. Grâce à cet engagement, les trois perroquets dérobés au zoo de Perroquets en folie ont été réunis avec les gens qu’ils aiment.

Bien qu’il soit difficile, voire impossible, d’enrayer complètement le fléau du vol et du recel d’oiseaux, chacun de nous peut contribuer à le combattre : en effet, l’offre et la demande vont de pair. Autrement dit, tant que des gens malintentionnés et avides de profit offriront des perroquets – frauduleusement ? dans les petites annonces et sur le web, il se trouvera des acheteurs assez crédules ou insouciants pour en faire l’acquisition. Heureusement, il existe des moyens de lutter contre cette situation. Si une alerte était lancée chaque fois qu’un oiseau micropucé est perdu ou volé, et si on passait au scanneur chaque oiseau récemment acheté ou adopté, le commerce d’oiseaux revendus dans des conditions douteuses diminuerait considérablement et pourrait même cesser.

Chez Perroquetsecours, nous croyons qu’en informant et en faisant de la prévention, nous arriverons à changer le comportement de notre société, une personne à la fois. En tant que membres de la société, nous devons tous et chacun faire des choix plus responsables, que ce soit en matière d’environnement pour une planète en santé, de protection des espèces en voie de disparition et de leur habitat naturel, ou encore de respect de son prochain ou des animaux avec qui nous partageons cette planète « prêtée ».

Dans ce but, Perroquetsecours entend accroître ses efforts pour lutter contre le commerce d’oiseaux non seulement volés, mais également perdus et revendus après avoir été trouvés. En effet, nous amorcerons bientôt une campagne de sensibilisation populaire axée sur l’importance d’identifier les oiseaux de compagnie au moyen d’une puce électronique. Ensuite, nous ferons la tournée des cliniques qui offrent le service de puçage pour obtenir l’engagement des vétérinaires à scanner tout oiseau à sa première visite. Une liste des cliniques qui auront pris un tel engagement sera mise en ligne sur notre site.

Le procès relatif au vol des oiseaux à Perroquets en folie débutera le 26 mars 2012 : des accusations d’intrusion de nuit, de port de déguisement dans le but de commettre un crime et de possession d’outils de cambriolage ont été déposées. D’autres accusations pourraient suivre. Comme tout accusé est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire, nous attendrons la fin du procès pour vous informer du verdict. Nous espérons toutefois que cette affaire contribuera à créer un précédent afin qu’il y ait jurisprudence en la matière.

En conclusion, un des gris d’Afrique volés, Kiwi, s’est mutilé durant sa séquestration et, en l’absence de traitement, ses plaies se sont infectées de manière irrémédiable. Pendant deux longs mois, les vétérinaires ont tenté tant bien que mal de soulager cet oiseau sensible au stress. À plusieurs reprises, ils ont nettoyé ses plaies en profondeur pour favoriser leur guérison, mais toutes les opérations chirurgicales ont été infructueuses. Kiwi recevait des antidépresseurs et des antibiotiques depuis son retour, et on lui avait mis une collerette pour l’empêcher de se mutiler de plus belle, mais rien n’apaisait son anxiété. Il dépérissait à vue d’œil et souffrait manifestement. Affligé de séquelles irréversibles; Kiwi tremblait de tout son corps à longueur de journée. Face à cette situation désastreuse, les propriétaires se sont résignés à abréger ses souffrances et à le faire euthanasier.

Au nom de Perroquetsecours ainsi qu’au nom de Perroquets en folie, nous tenons à remercier les médias et toutes les personnes qui ont contribué à retrouver ces trois perroquets.

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Photo source: L’Écho de Saint-Eustache

Repose en paix, Kiwi!

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Perroquetsecours, 2012.