Un sujet léger, la plume ?

Il n’y a que les oiseaux, dans tout le règne animal, qui ont un plumage. C’est quand même extraordinaire ! De plus, chaque espèce possède un plumage qui lui est unique et qui permet de l’identifier. Saviez-vous également, que chaque plume, dépendant d’où elle se trouve sur le corps d’un oiseau a une forme unique ? C’est qu’un plumage ne sert pas qu’à décorer : il est essentiel à la survie des oiseaux.

La vie d’une plume

Tout le monde sait à quoi ressemble une plume. Elle a une tige centrale et de chaque côté de celle-ci, se déploie un tissu ligné qui lui donne une forme ressemblant à celle d’une feuille d’arbre. En fait, ce n’est qu’une minorité des plumes qui possèdent cette forme. Il y a des types très différents de plumes, selon la fonction qu’elles ont à accomplir, mais pour l’instant, concentrons-nous sur cette belle grande plume que nous sommes habitués à voir. La « tige » s’appelle un rachis et le système ligné, l’étendard.  L’étendard est ligné parce qu’il est formé de structures qu’on appelle des barbes. Si vous avez déjà manipulé une plume, vous savez que les barbes peuvent se séparer les unes des autres et se « recoller ». C’est qu’on ne voit pas les petits crochets minuscules présents sur les barbes, qu’on appelle barbules, qui s’attachent les unes aux autres comme du velcro.

Constituées de kératine, la même substance qui compose nos ongles et nos cheveux, les plumes se régénèrent, la plupart du temps, deux fois par année. Quand une plume nait, un bourgeon se forme à la surface de la peau de l’oiseau. Ce bourgeon est traversé de vaisseaux sanguins qui assurent le transport des matériaux nécessaires pour former la nouvelle plume. Le bourgeon grossit et l’on peut apercevoir à la surface de la peau un petit tube rigide, fait de kératine, qui contient le «bébé» plume . À ce stade, la plume est encore traversée de vaisseaux sanguins et continue son développement. La plume grandit, le tube s’allonge, devient plus cassant et plutôt inconfortable pour l’oiseau. Lorsque la plume a atteint sa taille maximale, le tube sèche et l’oiseau n’a qu’à le briser avec son bec pour que la plume se déploie. À ce moment, le sang n’est plus transporté dans la plume car la construction est terminée. La plume n’est plus vivante, un peu comme nos cheveux.

Pour entretenir ses plumes, l’oiseau les lisse avec son bec plusieurs fois par jour, afin que son plumage puisse accomplir son rôle d’armure. En effet, un plumage bien entretenu protège du froid et de la pluie et assure un vol efficace. Certains oiseaux possèdent une glande uropygienne au bas de leur dos qui sécrète une cire, alors que d’autres, possèdent un type de duvet qui se désintègre en fine poudre. Les oiseaux récupèrent ces substances avec leur bec et en enduisent chaque plume. Grâce à cette opération, le plumage devient complètement imperméable et gagne en aérodynamisme.

Comme les animaux à poils ou à écailles, les oiseaux muent. Les plumes s’usent avec le temps et doivent être remplacées afin que l’armure garde son efficacité. Évidemment, les plumes ne tombent pas toutes le même jour ; cela rendrait les oiseaux complètement vulnérables. La mue s’étale sur environ 6 semaines mais cette période est très variable selon l’espèce, l’âge et la condition physique de l’oiseau. C’est une période difficile; imaginez, l’oiseau doit remplacer des centaines de plumes sur une période plutôt courte! Cela lui demande beaucoup d’énergie. Il mange un peu plus, dort un peu plus, se gratte un peu plus et est un peu plus grognon !

Le rôle des plumes

Chaque partie du corps possède un type de plume qui lui est propre. Les rémiges et les rectrices sont les plumes essentielles pour le vol. Les rémiges primaires sont les plumes formant des « doigts » au bout de l’aile. En suivant la ligne de l’aile vers le corps de l’oiseau, on trouve les rémiges secondaires et les rémiges tertiaires qui, elles, se trouvent près du corps. Grâce à ces plumes, l’oiseau arrive à s’élever lorsqu’il bat des ailes. Quant aux rectrices, elles forment la queue en éventail de l’oiseau. Elles lui servent de gouvernail et de système de freinage. En écartant, ou rapprochant ses rectrices, l’oiseau peut ralentir afin de contrôler son atterrissage ou accélérer en augmentant son aérodynamisme.

Les rémiges et les rectrices sont essentielles mais seraient un peu inutiles sans les tectrices. Ce sont des plumes qui couvrent tout le corps et qui sont positionnées afin de sceller parfaitement le plumage. Chacune possède une forme unique due à sa localisation et ensemble, elles forment un casse-tête parfait.  Des « épaules » au bout des ailes, du front jusqu’aux pattes et de la tête à la queue, les tectrices empêchent l’eau et l’air de traverser la barrière imperméable.

Sous cette barrière, il y a des plumes avec un rachis court et de longues barbes avec des barbules sans crochets. C’est le duvet. Ces plumes très flexibles et douces servent à isoler la peau très mince des oiseaux pour les protéger du froid. Lorsqu’il a froid, l’oiseau fait entrer un plus grand volume d’air sous son «imperméable» en s’ébouriffant. Il soulève ses tectrices pour laisser le duvet se gonfler et augmente ainsi l’épaisseur de sa couche isolante. Se perchant à l’abri, il cache ses pattes, qui sont nues, sous son plumage et fait la « boule ». Le voilà prêt à passer une nuit fraîche à l’extérieur. Le duvet a un pouvoir isolant si grand que les humains le récupèrent pour fabriquer manteaux d’hiver et édredons.

Ce sont-là les principaux types de plumes mais il en existe d’autres. Certaines ont l’apparence de petits poils et on les observe autour des yeux et des narines des oiseaux. On les nomme vibrisses, leur rôle est d’aider les oiseaux à « examiner » les objets qui les entourent, comme leurs aliments. Ces petites plumes sans barbes transmettent des vibrations comme les moustaches du chat. D’autres plumes sont modifiées pour jouer un rôle dans la communication entre congénères ou sont essentielles aux parades des mâles lors de la période de reproduction. Pensez à la huppe érectile et expressive du cockatiel, aux impressionnantes rectrices formant la queue du paon bleu ou encore, aux curieux sourcils des gorfous et vous aurez un aperçu de la variété de forme, de couleur et de taille que les plumes peuvent prendre.

Pour leur survie, les oiseaux n’ont pas de moyens de défenses très efficaces mais ils possèdent un avantage, celui de voler. Leur corps porte les traces de l’adaptation qui a pu perfectionner ce don. Les plumes, parce qu’elles sont légères, qu’elles prennent peu d’espace et protègent bien des intempéries, sont un exemple parfait de cette adaptation. Imaginez toutes les merveilles que cachent cette armure plumeuse…

Dominique Dubreuil

Administratrice et chargée de projet

Perroquetsecours 2017